L'Ayurvéda dans le monde
- jeewallet
- 27 mars
- 4 min de lecture

L'Ayurvéda, qui est originaire d'Inde, a gagné en popularité et en reconnaissance à l'échelle mondiale.
De 24 pays en 2017, la Journée de l'Ayurvéda est désormais célébrée dans plus de 150 pays en 2024, témoignant de l'intérêt croissant pour cette médecine traditionnelle.
Sur chaque continent, la reconnaissance et la réglementation varient considérablement. L'Ayurvéda est généralement classée comme une forme de médecine complémentaire ou alternative.
Voici un panorama de sa présence dans les différentes régions du monde.
Amérique du Sud
L'Amérique du Sud connaît une croissance notable de l'intérêt pour l'Ayurvéda, notamment au Brésil, en Argentine et au Chili, où des praticiens et des centres de formation se développent. Il n'existe pas d'organisation centrale qui réglemente l'Ayurvéda à l'échelle du continent, mais certains pays disposent d'associations nationales de praticiens établissant des normes de pratique et de formation. Le Brésil fait partie des pays avec lesquels le ministère indien AYUSH a signé un mémorandum d'accord bilatéral pour la coopération dans le domaine de la médecine traditionnelle, ce qui témoigne d'un ancrage institutionnel en construction.
Amérique du Nord
Aux États-Unis, l'Ayurvéda ne bénéficie pas d'une reconnaissance légale officielle de la part du gouvernement fédéral. Il n'existe actuellement aucune supervision gouvernementale formelle pour l'Ayurvéda aux États-Unis. C'est la National Ayurvedic Medical Association (NAMA), fondée en 1998 et incorporée en 2000, qui joue le rôle d'organisation professionnelle de référence. Avec plus de 30 écoles d'Ayurvéda proposant des programmes à travers le pays, la NAMA s'efforce de soutenir la profession et de développer la visibilité des professionnels ayurvédiques. Son bras certificateur, le NAMACB, a développé depuis 2017 le premier processus de certification bien établi pour la médecine ayurvédique aux États-Unis. La réglementation varie par État, et aucune licence nationale d'exercice n'existe à ce jour.
Au Canada, des associations de praticiens en Ayurvéda sont actives, mais la réglementation reste également du ressort des provinces, sans cadre fédéral unifié.
Asie (hors Inde)
Au Sri Lanka, l'Ayurvéda occupe une place centrale dans le système de santé national. Il s'agit d'une branche reconnue et réglementée de la médecine, supervisée par le ministère de la Médecine Indigène. Les médecins ayurvédiques y suivent une formation universitaire rigoureuse de cinq ans et demi (diplôme BAMS).
Le Sri Lanka est le seul pays au monde à disposer d'un ministère de cabinet dédié à la médecine indigène. Le Conseil médical ayurvédique y assure l'enregistrement des praticiens et le contrôle du code de déontologie, tandis que le Département de l'Ayurvéda est l'autorité réglementaire pour la fabrication des médicaments ayurvédiques.
En Chine et au Japon, bien que les systèmes de santé traditionnels propres à ces pays (médecine traditionnelle chinoise et Kampo au Japon) dominent, l'Ayurvéda se développe progressivement en tant que pratique de bien-être complémentaire.
Afrique
L'Afrique du Sud fait partie des pays où l'Ayurvéda est officiellement reconnu comme pratique de santé complémentaire et alternative, et y est réglementé en tant que tel. Dans le reste du continent africain, l'intérêt est croissant mais il n'existe pas d'organisation centrale de régulation. Des praticiens et centres de formation émergent progressivement, notamment en Afrique du Sud.
Australie
En Australie, les médicaments ayurvédiques sont classés comme «médicaments complémentaires» et doivent généralement répondre aux mêmes normes de qualité et de sécurité que les autres médicaments, sous la supervision de la Therapeutic Goods Administration (TGA). L'Australian Traditional Medicine Society (ATMS) reconnaît l'Ayurvéda comme thérapie complémentaire acceptée et plusieurs écoles proposent des formations dans le pays. La plupart des médecins ayurvédiques en Australie sont enregistrés auprès de l'Australasian Association of Ayurveda (AAA), le plus ancien organe de gouvernance, actif depuis 1988. Les praticiens ne sont cependant pas réglementés par l'AHPRA (l'agence nationale de régulation des professions de santé), mais restent soumis à un code national de conduite pour les praticiens non enregistrés.
Europe
En Europe, l'Ayurvéda n'est pas généralement reconnue comme pratique médicale officielle, et la réglementation varie fortement d'un pays à l'autre. Des obstacles juridiques importants existent pour les médecins ayurvédiques indiens souhaitant exercer en Europe. Néanmoins, des organisations existent pour promouvoir la pratique : l'European Ayurveda Association (EUAA) représente les membres de 20 pays européens, et l'European Ayurveda Medical Association (EURAMA), fondée en 2008, œuvre à l'intégration de l'Ayurvéda dans le système de santé européen.
En Suisse et en Allemagne, les titulaires d'un diplôme BAMS (Bachelor of Ayurveda, Medicine and Surgery) peuvent exercer après avoir obtenu le statut de « Heilpraktiker » (praticien en médecine naturelle).
L'Autriche, la Suisse, l'Italie et le Portugal ont mis en place des réglementations pour les thérapeutes en massage, nutrition et herboristerie ayurvédiques.
Au sein de l'Union européenne, la Roumanie, la Hongrie, la Lettonie, la Serbie et la Slovénie sont les cinq pays où le traitement ayurvédique est réglementé.
En dehors de l'UE, la Suisse est l'un des rares pays à reconnaître officiellement les médecines complémentaires comme faisant partie intégrante du système de santé.
Au Royaume-Uni, le British Ayurvedic Medical Council, incluant la British Association of Accredited Ayurvedic Practitioners, fournit un code d'éthique et de conduite avec des procédures disciplinaires, même si l'Ayurvéda n'y bénéficie pas de reconnaissance légale formelle.




Commentaires