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LES TROIS TYPES D'ALIMENTS

Il existerait trois types d'aliments selon l'Ayurvéda. En suivant, je vais vous expliquer d'où cette "pensée" vient, et si c'est réèllement ayurvédique.


Les aliments Sattviques

Il nourrissent le corps, augmentent la durée de vie, purifient l’existence et donnent force, santé, bonheur et satisfaction. Ces aliments sont juteux, sains, onctueux, savoureux, doux, légers et plaisants pour l’âme. L’eau, les Céréales, les Légumineuses, les Légumes, les Fruits, les Noix, le lait frais non pasteurisé et non homogénéisé et tous les dérivés du lait frais (principalement le Ghee, mais aussi le beurre, la crème, le fromage frais, le Paneer le yaourt) et le Miel brut.



Les aliments Rajasiques

Il nourrissent la passion et l’emportement. Il est dit dans les textes sacrés que ces aliments provoquent la détresse, la misère et la maladie. Ils sont trop amers, trop acides, salés, piquants, secs et brûlants. Ils comprennent les aliments fermentés, raffinés, transformés et stimulants : le Café, le Thé (Noir et Vert), les boissons au cola et les boissons énergisantes, les boissons alcoolisées (certaines sources les mettent aussi dans "tamasiques"), le Chocolat Noir, le tabac, les aliments trop épicés, les aliments trop salés.



Les aliments Tamasiques

Ils nourrissent le manque d’intelligence, l’obscurité, la léthargie, l’incompréhension et la stagnation. Il s’agit des aliments morts, des restes, des aliments trop cuits, rassis, en conserves, ou congelés ou sans respect pour le vivant : les viandes, le poisson, l’Oignon, l’Ail, le Poireau, les Champignons, le fromage bleu, l’Aubergine, l’opium et tout aliment qui aura été conservé plus de 12h avant la consommation.




D’où viennent Sattva, Rajas et Tamas ?

Les trois qualités Sattva, Rajas et Tamas sont à l’origine un concept philosophique, pas alimentaire.


Elles viennent du Sāṃkhya, un des grands "systèmes, ou école de pensée" philosophiques indiens.


Le Sāṃkhya décrit la nature (Prakṛti) comme composée de trois qualités fondamentales (guṇa) :

Sattva : clarté, harmonie, légèreté, connaissance

Rajas : mouvement, passion, agitation

Tamas : inertie, obscurité, lourdeur


Cette théorie des guṇa est ensuite reprise dans presque toutes les écoles de pensée hindoues, notamment dans la Bhagavad-Gītā, qui consacre le chapitre 14 aux trois guṇa et les applique aux états de l’esprit, aux actions, à la foi, etc.


Donc à la base :

Sattva / Rajas / Tamas = qualités de la nature et de l’esprit et pas encore une classification d’aliments.


Qui parle en premier d’une alimentation sattvique / rajasique / tamasique ?


La première source clairement identifiable et détaillée, largement reconnue, qui classe explicitement les aliments selon les trois guṇa, est la Bhagavad-Gītā.

Dans certains versets, Kṛiṣhṇa décrit trois types de nourriture aimée par les personnes à dominante :

Sattvique : aliments qui prolongent la vie, augmentent pureté, force, santé, joie, et qui sont « juteux, onctueux, nourrissants et agréables au cœur ».

Rajasique : aliments trop amers, acides, salés, très chauds, piquants, secs ou brûlés, qui provoquent souffrance, tristesse et maladie.

Tamasique : aliments rassis, insipides, putrides, décomposés, impurs, ou restes impropres, aimés par ceux dominés par Tamas.


C’est bien une classification de l’āhāra (nourriture) selon Sattva / Rajas / Tamas.


La Gītā fait partie du Mahābhārata (Textes « mémorisés » et transmis par tradition).


Est-ce vraiment lié à l’Ayurvéda, ou plutôt à autre chose ?


Il y a trois niveaux :

La philosophie (Sāṃkhya)

Le Yoga / la Gītā

L'Ayurvéda médical


Origine : Sāṃkhya (philosophique)

Comme dit plus haut, le concept de Triguṇa est d’abord sāṃkhya (métaphysique et psychologique), pas ayurvédique.

La Gītā et le Yoga : l’aliment comme moyen d’agir sur l’esprit

La Bhagavad-Gītā (texte central pour le Yoga et le Vedānta) applique clairement les guṇa :

à la foi, aux actes, et à la nourriture


La tradition yogique va ensuite développer :

l’idée de Mitāhāra (manger avec mesure) dans les textes de Haṭha-Yoga, puis, plus tard, la notion de « régime sattvique » comme alimentation qui favorise clarté mentale et pratique spirituelle.

Certaines analyses modernes soulignent que l’application explicite de Sattva/Rajas/Tamas à la nourriture est une extension relativement tardive de la notion de Mitāhāra dans la littérature yogique.


Lien avec l’Ayurvéda

L’Ayurvéda classique (Charaka, Suśruta) repose déjà sur la métaphysique Sāṃkhya :

Tridosha pour le corps (Vāta, Pitta, Kapha), Triguna pour le mental (Sattva, Rajas, Tamas).


Les textes médicaux classiques parlent clairement de Sattva / Rajas / Tamas comme qualités mentales, expliquent que l’āhāra influence l’esprit, la clarté, la léthargie, etc.

Dans la littérature et les revues ayurvédiques modernes, on retrouve explicitement la notion de Trigunātamaka Ahāra : aliments sattviques, rajasiques, tamasiques, avec l’idée : “ce qu'on mange module directement les guṇa du mental”.


Mais historiquement :

le cœur de l’Ayurvéda classait surtout les aliments selon rasa, guṇa, vīrya, vipāka et leur effet sur les doshas, la lecture « régime sattvique / rajasique / tamasique » est plutôt un pont entre Yoga et Ayurvéda, développé et systématisé plus tard.





Commentaires


L'OMS reconnaît l'ayurvéda comme étant un système complet de médecine traditionnelle.

"La médecine-ayurvédique de l'Inde" ne s'apparente en aucun cas au système médical français.

Elle ne peut donc en aucun cas remplacer l'avis d'un médecin ou d'un praticien de santé dûment qualifié

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