LE CHAÏ
- jeewallet
- 11 janv.
- 3 min de lecture

Le chai n’est pas une boisson ayurvédique… mais on peut réfléchir à son intérêt selon l’Ayurvéda
Le chai, tel qu’on le connaît aujourd’hui (thé noir + lait + sucre + épices), n’existait pas dans les textes ayurvédiques classiques.
Le thé (Camellia sinensis) a été introduit en Inde bien plus tard, notamment durant la période coloniale britannique (XIXᵉ siècle).
Il ne s’agit donc pas d’une boisson issue de l’Ayurvéda traditionnel.
En revanche, l’Ayurvéda est un système vivant, qui permet d’analyser n’importe quelle préparation à travers :
ses goûts (Rasa)
ses qualités (Guna)
son énergie (Virya)
son effet post-digestif (Vipaka)
et surtout le terrain de la personne et son Agni
Quel peut être l’intérêt du chai ?
N'oubliez pas que rien n'est mauvais ni bon. Un chaï pris de temps en temps n'est pas le problème! S'il est consommé tous les jours, et que le terrain est inadapté à sa formulation, il y aura donc un vrai impact sur la santé!
Le chai peut avoir un intérêt si sa formulation est réfléchie.
Son impact dépend principalement de trois facteurs :
Les épices utilisées (le point central)
Les épices sont ce qui permet de corriger partiellement :
l’astringence du thé,
la lourdeur du lait,
et le caractère potentiellement ama-génique de l’ensemble.
Selon l’Ayurvéda, ce ne sont pas “les épices du chai”, mais les épices adaptées au Dosha et au contexte qui seront intéressantes.
Pour Vata : on choisira des épices douces, et réchauffantes, qui stabilisent Agni sans l’irriter, comme la cardamome, un peu de gingembre frais, la cannelle et le fenouil, les autres épices seront en micro doses, en évitant les épices trop piquantes ou desséchantes. Le lait pourra être un lait animal ou du lait d'amande.
Pour Kapha : les épices doivent être stimulantes, réchauffantes et asséchantes, comme le gingembre sec, le poivre noir, la cannelle ou une pointe de clou de girofle, afin de réveiller Agni et limiter la lourdeur ; pour le lait, il sera idéalement évité, ou réduit à une quantité minime si la digestion est excellente, en privilégiant alors une boisson chaude épicée sans lait, car le lait, même végétal, tend à augmenter Kapha et la congestion.
Pour Pitta : les épices doivent être douces, légèrement rafraîchissantes et peu stimulantes, comme la cardamome, le fenouil ou une touche de coriandre, les autres épices en micro doses, et pour le lait on pourra utiliser du lait animal si agni est bon, sinon se sera plutôt du lait de coco, en évitant les épices trop chauffantes qui attisent la chaleur interne.
Le chai n’est jamais standard : il devrait toujours être modulé.
Le lait utilisé (ou son absence)
Dans l’Ayurvéda classique, le lait est :
lourd (Guru),
froid par nature,
potentiellement congestionnant si Agni est faible.
Dans un chai :
le lait augmente Kapha,
peut aggraver Ama si la digestion est lente,
et peut irriter Pitta s’il est associé au thé et aux épices fortes.
Son intérêt dépend donc :
du type de lait,
de la quantité,
et de la capacité digestive réelle de la personne.
Comme souvent en Ayurvéda, ce n’est pas l’aliment qui pose problème, mais le contexte, la répétition et l’inadéquation au terrain.
De plus il n'existe pas 1 recette de chaï, mais des dizaines. Voici une carte des différents chaï consommés en Inde, selon les régions!


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