LE GRAND SUJET DES PROTEINES
- jeewallet
- il y a 5 jours
- 3 min de lecture

Vous avez été très nombreux à me parler de protéines, à me dire à quel point elles sont cruciales, et à quel point mes recettes en manquaient. Voici donc ma réponse et ce qu'en pense l'Ayurvéda
La notion de « protéines » existe SELON l'Ayurvéda ?
Non.
L’Ayurvéda ne raisonne pas en macronutriments (protéines, lipides, glucides).
Il n’existe aucun équivalent direct du concept de “protéines” dans les textes classiques.
L’Ayurvéda raisonne à partir de :
la capacité digestive (Agni)
la qualité de la digestion et de l’assimilation
la formation correcte des dhatu (tissus)
la compatibilité de l’aliment avec la personne (prakṛti, vikṛti, âge, saison, état de santé)
Comment l’Ayurvéda comprend la construction et le maintien des tissus ?
En Ayurvéda, les tissus ne sont pas construits par un nutriment isolé, mais par un processus séquentiel :
Āhāra (alimentation) → Jāṭharāgni (feu digestif principal) → Dhātvāgni (feu digestif des tissus) → Dhātu
Chaque tissu (Rasa, Rakta, Māṃsa, Meda, etc.) dépend :
d’un feu digestif global fonctionnel
d’un feu spécifique à chaque dhātu
de l’absence d’āma (résidus mal digérés)
Un aliment riche sur le plan nutritionnel mais mal digéré ne nourrit aucun tissu.
Les protéines sont-elles toutes identiques pour le corps ?
non, absolument pas
L’Ayurvéda distingue les aliments non pas par leur teneur en “protéines”, mais par :
Guru / Laghu (lourd / léger)
Snigdha / Rūkṣa (onctueux / sec)
Uṣṇa / Śīta (chauffant / refroidissant)
Facilité de digestion
Effet sur les dosha
Capacité réelle à nourrir Māṃsa et Meda dhātu
Exemples classiques :
Viande (Māṃsa)
Reconnue comme hautement nourrissante pour Māṃsa dhātu
Très lourde à digérer
Réservée :
aux personnes très affaiblies
à certains contextes thérapeutiques
jamais recommandée de façon systématique
Légumineuses
Nourrissantes si correctement préparées
Souvent Vāta-augmentantes
Peu adaptées en cas d’Agni faible
Lait, ghee, produits lactés
Fortement utilisés pour nourrir Ojas et les tissus
Très dépendantes de la qualité du feu digestif
Pas pour tous, pas sur n'importe quel terrain
Donc deux aliments avec une teneur protéique équivalente n’ont pas du tout le même effet physiologique selon l’Ayurvéda.
Fonte musculaire, entretien des tissus : que dit l’Ayurvéda ?
La fonte musculaire est décrite dans les textes.
Les causes ne sont pas :
un manque de “protéines” au sens moderne
Mais :
Agni faible ou instable
Āma chronique
excès de Vāta
surmenage
stress
digestion irrégulière
L’approche ayurvédique consiste donc à :
stabiliser Agni (le feu digestif)
Faire en sorte que le corps puisse transformer, assimiler puis nourrir correctement
calmer Vāta
utiliser des aliments faciles à transformer en tissu
restaurer progressivement la capacité d’assimilation
Compulsions alimentaires et protéines : regard ayurvédique
La science moderne montre que :
les protéines augmentent la satiété
limitent certaines compulsions
Mais l’Ayurvéda explique autrement :
Pour l'Ayurvéda, les compulsions sont liées à :
Vāta aggravé
instabilité d’Agni
irrégularité des repas
manque de nourriture réellement assimilée
Une personne peut manger beaucoup d’aliments “riches en protéines” et rester affamée, si la digestion est déficiente.
Position de synthèse : ce que dirait l’Ayurvéda aujourd’hui
Si l’Ayurvéda devait répondre au débat actuel, sa position serait probablement :
Les protéines ne sont pas une fin en soi
Elles ne sont pas interchangeables
L’obsession du chiffre (g/kg) est étrangère à l’Ayurvéda
La digestibilité réelle prime
La capacité à nourrir les dhatu est centrale
L’état de la personne est prioritaire sur la composition de l’aliment
Pour l'Ayurvéda, ce n’est pas ce que tu manges qui nourrit ton corps, mais ce que ton feu digestif est capable de transformer et d'assimiler au moment M.
La priorité sera donc de restaurer ton terrain pour que ton alimentation puisse être correctement transformée, assimilée...


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