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LE GRAND SUJET DES PROTEINES




Vous avez été très nombreux à me parler de protéines, à me dire à quel point elles sont cruciales, et à quel point mes recettes en manquaient. Voici donc ma réponse et ce qu'en pense l'Ayurvéda


La notion de « protéines » existe SELON l'Ayurvéda ?

Non.


L’Ayurvéda ne raisonne pas en macronutriments (protéines, lipides, glucides).

Il n’existe aucun équivalent direct du concept de “protéines” dans les textes classiques.

L’Ayurvéda raisonne à partir de :

  • la capacité digestive (Agni)

  • la qualité de la digestion et de l’assimilation

  • la formation correcte des dhatu (tissus)

  • la compatibilité de l’aliment avec la personne (prakṛti, vikṛti, âge, saison, état de santé)


Comment l’Ayurvéda comprend la construction et le maintien des tissus ?

En Ayurvéda, les tissus ne sont pas construits par un nutriment isolé, mais par un processus séquentiel :

Āhāra (alimentation) → Jāṭharāgni (feu digestif principal) → Dhātvāgni (feu digestif des tissus) → Dhātu

Chaque tissu (Rasa, Rakta, Māṃsa, Meda, etc.) dépend :

  • d’un feu digestif global fonctionnel

  • d’un feu spécifique à chaque dhātu

  • de l’absence d’āma (résidus mal digérés)

Un aliment riche sur le plan nutritionnel mais mal digéré ne nourrit aucun tissu.


Les protéines sont-elles toutes identiques pour le corps ?

non, absolument pas


L’Ayurvéda distingue les aliments non pas par leur teneur en “protéines”, mais par :

  • Guru / Laghu (lourd / léger)

  • Snigdha / Rūkṣa (onctueux / sec)

  • Uṣṇa / Śīta (chauffant / refroidissant)

  • Facilité de digestion

  • Effet sur les dosha

  • Capacité réelle à nourrir Māṃsa et Meda dhātu


Exemples classiques :

Viande (Māṃsa)

  • Reconnue comme hautement nourrissante pour Māṃsa dhātu

  • Très lourde à digérer

  • Réservée :

  • aux personnes très affaiblies

  • à certains contextes thérapeutiques

  • jamais recommandée de façon systématique


Légumineuses

  • Nourrissantes si correctement préparées

  • Souvent Vāta-augmentantes

  • Peu adaptées en cas d’Agni faible


Lait, ghee, produits lactés

  • Fortement utilisés pour nourrir Ojas et les tissus

  • Très dépendantes de la qualité du feu digestif

  • Pas pour tous, pas sur n'importe quel terrain


Donc deux aliments avec une teneur protéique équivalente n’ont pas du tout le même effet physiologique selon l’Ayurvéda.


Fonte musculaire, entretien des tissus : que dit l’Ayurvéda ?

La fonte musculaire est décrite dans les textes.


Les causes ne sont pas :

  • un manque de “protéines” au sens moderne


Mais :

  • Agni faible ou instable

  • Āma chronique

  • excès de Vāta

  • surmenage

  • stress

  • digestion irrégulière


L’approche ayurvédique consiste donc à :

  • stabiliser Agni (le feu digestif)

  • Faire en sorte que le corps puisse transformer, assimiler puis nourrir correctement

  • calmer Vāta

  • utiliser des aliments faciles à transformer en tissu

  • restaurer progressivement la capacité d’assimilation


Compulsions alimentaires et protéines : regard ayurvédique

La science moderne montre que :

  • les protéines augmentent la satiété

  • limitent certaines compulsions


Mais l’Ayurvéda explique autrement :

Pour l'Ayurvéda, les compulsions sont liées à :

  • Vāta aggravé

  • instabilité d’Agni

  • irrégularité des repas

  • manque de nourriture réellement assimilée


Une personne peut manger beaucoup d’aliments “riches en protéines” et rester affamée, si la digestion est déficiente.


Position de synthèse : ce que dirait l’Ayurvéda aujourd’hui

Si l’Ayurvéda devait répondre au débat actuel, sa position serait probablement :

  • Les protéines ne sont pas une fin en soi

  • Elles ne sont pas interchangeables

  • L’obsession du chiffre (g/kg) est étrangère à l’Ayurvéda

  • La digestibilité réelle prime

  • La capacité à nourrir les dhatu est centrale

  • L’état de la personne est prioritaire sur la composition de l’aliment


Pour l'Ayurvéda, ce n’est pas ce que tu manges qui nourrit ton corps, mais ce que ton feu digestif est capable de transformer et d'assimiler au moment M.

La priorité sera donc de restaurer ton terrain pour que ton alimentation puisse être correctement transformée, assimilée...


Commentaires


L'OMS reconnaît l'ayurvéda comme étant un système complet de médecine traditionnelle.

"La médecine-ayurvédique de l'Inde" ne s'apparente en aucun cas au système médical français.

Elle ne peut donc en aucun cas remplacer l'avis d'un médecin ou d'un praticien de santé dûment qualifié

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