LE NETTOYAGE QUOTIDIEN DU CORPS (enfants et adultes)
- jeewallet
- 15 févr.
- 4 min de lecture

Selon l'Ayurvéda, le nettoyage du corps ne se limite pas à “se laver”.
Il fait partie intégrante de la routine quotidienne visant à préserver :
la santé
la longévité
la clarté mentale
l’équilibre des Dosha
Le nettoyage du corps suit 3 étapes
Huiler
Nettoyer
Rincer
Abhyanga — Huiler le corps
Tout d'abord, l’application d’huile.
“L’onction quotidienne du corps retarde le vieillissement, soulage la fatigue et stabilise Vata.”
Objectifs physiologiques
Lubrifier la peau
Assouplir les tissus
Mobiliser les toxines liposolubles
Calmer le système nerveux
Prévenir la sécheresse (Vata)
Huiles quotidiennes selon Doṣa
L’huile de référence pour l’Abhyanga quotidien reste l’huile de sésame non grillé, biologique et de première pression à froid, traditionnellement décrite dans les textes comme l’huile de base de la Dinacharya ; toutefois, chaque praticien pourra, en fonction du terrain, de la constitution ou d’un déséquilibre spécifique, conseiller l’usage d’une autre huile végétale ou d’une huile médicamenteuse plus ciblée.
Mode d’application
Si le temps manque, il est tout à fait possible de ne masser qu’une partie du corps au quotidien, l’auto-massage complet n’étant pas toujours évident à réaliser, et de réserver l’Abhyanga corps entier au week-end ou aux jours plus disponibles ; on utilisera alors une huile tiédie, en massant idéalement de la tête aux pieds en insistant sur les zones clés comme les articulations, les pieds et le cuir chevelu, avec un temps de pose d’environ 10 à 30 minutes avant la douche.
Nettoyage du corps
Après le massage du corps à l'huile, vient l’étape du nettoyage proprement dit.
Contrairement à l’usage d'aujourd'hui où on se lave avec du savon, ce n'est pas le cas du nettoyage quotidien dans l’approche ayurvédique classique.
Les textes décrivent plutôt l’emploi de poudres végétales, de pâtes nettoyantes et de farines médicinales, utilisées pour retirer l’excès d’huile, purifier la peau et soutenir l’équilibre des Dosha tout en respectant la physiologie cutanée.
Pourquoi utiliser des poudres ?
Fonctions décrites dans les textes :
Retirer l’excès d’huile
Nettoyer sans agresser
Stimuler la circulation
Réduire Kapha et Ama
Tonifier la peau
Ouvrir les pores
Améliorer le teint
Poudres nettoyantes quotidiennes classiques
Dans le cadre de la Dinacharya, les poudres classiquement décrites pour le nettoyage quotidien du corps sont surtout issues de légumineuses et de céréales douces, comme la farine de pois chiches (Chanaka), de mungo (Mudga) ou encore d’orge (Yava), reconnues pour leur capacité à absorber l’excès d’huile, nettoyer la peau sans l’agresser et soutenir l’équilibre des Dosha.
Selon le terrain, la constitution ou un déséquilibre spécifique, le praticien pourra toutefois recommander l’usage d’autres poudres végétales plus ciblées (plantes cutanées, poudres chauffantes ou apaisantes, etc.).
Dans la pratique quotidienne, ces poudres peuvent être utilisées telles quelles sur peau huilée.
La réalisation d’une pâte avec un liquide (eau, lait, hydrolat, décoction…) peut parfois se faire lors de la Dinacharya mais relève plutôt d’un usage occasionnel, cosmétique ou thérapeutique, également ajusté par le praticien selon les besoins individuels.
Mode d’usage
Appliquer sur peau huilée
Frotter doucement
Snāna, la douche
Le mot sanskrit Snāna signifie se laver par l’eau.
Dans la pratique quotidienne il s'agit tout simplement de la douche.
Concernant la température de l’eau
L’eau tiède à chaude est recommandée pour le corps, tandis que la tête doit être lavée avec une eau plus fraîche.
Cette distinction repose sur une logique physiologique précise décrite dans les textes classiques de l'Ayurvéda, où il est indiqué que l’eau chaude appliquée sur la tête peut affaiblir les yeux, les cheveux ainsi que certaines fonctions cérébrales.
L’adaptation se faire toutefois selon la température qu'il fait chez vous et le Dosha :
vata
les profils Vata privilégieront une eau plutôt chaude, en évitant l’eau froide qui accentue la sécheresse et la rigidité
pitta
les profils Pitta opteront pour une eau plus tiède, en évitant les températures trop élevées qui aggravent la chaleur interne
Kapha
tandis que les profils Kapha bénéficieront davantage d’une eau chaude, stimulante et décongestionnante, favorable à la circulation et à la réduction de la lourdeur.
L’immersion complète, c'est à dire le bain, est également décrite, mais relève plutôt de pratiques thérapeutiques, rituelles ou saisonnières.
Une routine quotidienne d'hygiène
Voici l’ordre classique :
Éliminations naturelles
Nettoyage de la bouche / dents / langue
Gandusha / Kavala (huile dans la bouche)
Nasya (huile dans les narines)
Abhyanga (massage à l'huile)
Udvartana (nettoyage aux poudres)
Snana (douche)
Vêtements propres
Parfum / huiles légères
Bénéfices
Le nettoyage quotidien régulier :
Retarde le vieillissement
Améliore la circulation
Renforce l’immunité
Élimine les odeurs
Favorise le sommeil
Apaise le mental
Améliore le teint
Nettoyage quotidien chez l’enfant en Āyurveda
Principe général
L’enfant est considéré comme :
Kapha-dominant par nature (phase de croissance, construction des tissus)
Donc :
peau plus douce
canaux immatures
Agni fragile
thermorégulation instable
Résultat :
Les soins doivent être plus doux, plus courts, plus simples que chez l’adulte.
Huile (Abhyanga enfant) est-ce recommandé ?
Oui, et même fortement.
Le massage à l’huile chez l’enfant est décrit comme :
fortifiant
nourrissant
protecteur du système nerveux
favorisant le sommeil
soutenant la croissance
À partir de quel âge ?
Dès la naissance (dans la tradition classique, après les premiers jours)
Mais :
pression très douce
durée courte
environnement chaud
Huiles classiques pour enfant
Référence principale
Huile de sésame biologique première pression à froid non grillé
Autres huiles utilisées
Selon climat / terrain :
Huile de coco (climat chaud)
Huile d’amande douce
Bala taila (faiblesse, prématurité — thérapeutique)
Dans la tradition ayurvédique, la routine de nettoyage des nourrissons, bébés et jeunes enfants s’inscrit dans la continuité de la Dinacharya, mais sous une forme beaucoup plus douce et protectrice que chez l’adulte.
La douche ou le bain (Snāna) fait pleinement partie de l’hygiène quotidienne dès les premières semaines de vie, généralement précédé d’un léger massage à l'huile adaptée afin de nourrir la peau et de soutenir le système nerveux en développement.
Le nettoyage ne reposait pas sur des savons au sens moderne, mais sur l’usage d’eau tiède seule ou d’eaux préparées très diluées, obtenues à partir de décoctions végétales assainissantes et apaisantes, telles que le Neem, Khadira, Daruharidra, Bala ou encore Triphala, destinées à protéger la peau, prévenir les irritations et maintenir une bonne hygiène cutanée sans agresser la barrière fragile du nourrisson.
Lorsque nécessaire, notamment pour retirer l’excès d’huile, des pâtes extrêmement fines à base de mung, pois chiche ou riz pouvaient être utilisées de façon occasionnelle, toujours sans friction.
À mesure que l’enfant grandit, la routine reste fondée sur l’eau tiède, les huiles simples et des substances très douces, introduites progressivement selon l’âge, la saison et la sensibilité individuelle..


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