Retour de cure : et maintenant, on fait quoi ?
- jeewallet
- 13 avr.
- 4 min de lecture

Vous étiez au Kerala, à Rishikesh, ou dans un ashram du Tamil Nadu. Plusieurs semaines de soins intensifs, de médecines prescrites sur mesure, une alimentation adaptée à votre constitution et à votre état. Et puis l'avion. Et puis la France. Le froid, le stress, le réfrigérateur qu'on ouvre sans trop savoir quoi mettre dedans.
Beaucoup d'entre vous me posent cette question : "Je me sens mieux, mais j'ai l'impression que ça ne va pas durer. Qu'est-ce que je dois faire ?"
Et je comprend bien votre question, l'ayant vécu moi-même
Ce qui s'est passé dans votre corps
Si vous avez reçu un Panchakarma complet, notamment une purge qui cible Pitta, ou encore un basti (lavements médicamenteux ciblant Vata), ou un autre Shodhana karma, et bien votre corps a traversé une purification profonde.
Le Charaka Samhita explique ce phénomène avec une image assez parlante. Elle dit : les doshas vitiant le corps sont comme un arbre. Tant que l'arbre n'est pas déraciné, couper les branches ne suffit pas, il repousse. Les thérapies de purification, elles, éliminent le mal à la racine.
Après le Vamana et le Virechana, la personne purgée devient affaiblie, amaigrie et elle a un feu digestif diminué et faible. Les articulations sont généralement relâchées et les organes comme "vidés". En d'autres mots votre corps est propre, mais fragile. Comme un tissu fraîchement lavé, encore humide, il faut le laisser sécher et le replier avec soin.
Les complications d'un retour mal géré
Le protocole avant la cure ayurvédique et le protocole après la cure sont tous les deux très très importants et malheureusement ils sont, la plupart du temps sous-estimés.
Les textes classiques décrivent aussi ce qui peut mal tourner si le protocole post-thérapeutique n'est pas respecté. C'est ce qu'on appelle les Vyapat c'est à dire les complications. Ces textes expliquent les complications résultant d'une administration incorrecte des thérapies de purification et leur gestion.
Trois chapitres traitent notamment et spécifiquement des complications du Basti (lavement thérapeutique).
Sont mentionnés également les Karma Vyapat, les complications générales de la thérapie, souvent dues à un non-respect du régime post-soin, les Virechana Vyapat c'est à dire les déséquilibres apparus si le virechana a été trop fort, insuffisant, ou si l'alimentation qui a suivi n'était pas adaptée. Enfin, comme dit précédemment les Basti Vyapat, les complications liées au lavement qui peuvent amener à de l'inconfort digestif, sécheresse, instabilité de Vata si le parihara kala n'est pas respecté.
Le Parihara Kala, c'est la période de récupération stricte après le Panchakarma. Et attention, il ne s'applique pas uniquement au Basti, mais à l'ensemble des thérapies de purification : Vamana, Virechana, Basti, Nasya... La Charaka Samhita utilise d'ailleurs le terme "bastyādiṣu", ce qui signifie littéralement "le Basti et les autres". Elle doit durer le double du nombre de jours de traitement.
Exemple : si vous avez reçu 15 jours de soins, la période de régime strict doit être de 30 jours.
Il existe quelques exceptions notables à cette règle. Le Yapana Basti par exemple, un type de lavement à visée nourrissante et tonifiante, peut être administré en toutes saisons et comporte très peu de restrictions de Kala et de comportement. Le Matra Basti également. Mais ce sont des cas particuliers, et c'est précisément à votre praticien de vous le préciser.
Ce délai est rarement communiqué aux patients qui rentrent chez eux. C'est pourtant une donnée classique, précisément codifiée.
Le Samsarjana Krama
Le Samsarjana Krama correspond au protocole diététique étapes par étapes décrit en Ayurvéda après les thérapies de purification, en particulier après le Vamana et le Virechana.
Selon Chakrapani, commentateur du Charaka Samhita, ces thérapies entraînent une expulsion massive de doshas, ce qui affaiblit considérablement le feu digestif, incapable ensuite de digérer même de petites quantités d'aliments lourds. C'est pourquoi le Samsarjana Krama est indispensable.
Pour exemple, il est décrit un protocole de réhabilitation alimentaire précis. On commence par de l'eau de riz, puis on passe à une soupe de riz, puis du riz mou avec du mungo, et on revient progressivement à une alimentation normale sur 3 à 7 jours. Ces étapes permettent de reconstruire l'agni et aux tissus nouvellement purifiés de se stabiliser.
Comment s'alimenter en France après la cure ?
On ne peut pas faire n'importe quoi! Et en fonction des thérapies et protocoles que vous aurez eu, il y a des menus et aliments à consommer et d'autres à ne pas consommer. Il faut donc un suivi post-cure, c'est indispensable!
Et psychologiquement ?
Rentrer d'une cure, c'est aussi un choc de réalité. Le corps, le temps, les sons, le rythme, l'espace temps je dirai n'est plus le même.
La Charaka Samhita rappelle que la stabilité mentale du patient est essentielle pour maintenir les bénéfices d'une purification, et que le régime avant et après la thérapie est déterminant pour la durabilité des effets.
Il est préférable de s'accorder quelques semaines de calme, sans grands engagement sociaux, d'éviter les efforts physiques, les chocs psychologique, trop de réflexion, de stress, de travail. Eviter les conflits et l'agitation. Et prendre le temps d'observer.
En résumé :
Une cure en Inde ne s'arrête pas à l'aéroport. Elle continue chez vous, avec votre assiette, votre rythme, votre respiration. Le travail fait là-bas sera durable si vous respectez ce que les textes appellent le Paschat Karma : les soins d'après.
Morgane Vasoni et moi avons mis en place des accompagnements qui peuvent intégrer parfaitement les retours de cures ayurvédiques. Si vous souhaitez être accompagné en pré ou post cure pour continuer de ressentir tous les bienfaits qu'elle vous a apporté, n'hésitez pas à commenter cette publication ou à nous contacter en privé.





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