Les laits animaux (Vache, chèvre, brebis)
- jeewallet
- 11 janv.
- 3 min de lecture

Pour l'Ayurvéda, la tolérance au lait dépend de plusieurs facteurs :la race de l’animal et ses conditions de vie, le moment de la traite, la conservation de ce lait, puis l’état de votre Agni, votre Dosha dominant, la présence de congestion ou de toxines, et surtout la manière dont il est consommé.
Lecture ayurvédique des laits
Lait de vache
La vache est décrite comme un animal Kapha : stable, lourd et nourrissant.
Son lait est donc considéré comme très nourrissant, profondément reconstructeur, et traditionnellement associé à la formation d’Ojas (Je vous ferai un article sur Ojas, mais en quelques mots, Ojas est le résultat final de la digestion et c'est ce produit qui apporte l'immunité, l'amour, la vitalité...).
Cependant, cette même qualité nourrissante rend le lait de vache plus lourd et plus congestionnant, surtout lorsque la digestion est faible (feux digestifs affaiblis), en présence de mucus, de lourdeur, de stagnation ou de congestion respiratoire.
Dans ce cadre, l’Ayurvéda recommande d’éviter le lait de vache, ou de le consommer uniquement après un travail préalable sur le/les feux digestifs.
Lait de chèvre
La chèvre est décrite comme étant un animal plus mobile, plus léger, à dominante Vata.
Son lait est donc traditionnellement considéré comme plus léger, plus sec, plus astringent, et moins colmatant que le lait de vache.
En Ayurvéda, le lait de chèvre pourrait être préféré chez les personnes congestionnées ou ne tolérant pas le lait de vache, car il est décrit comme plus facile à digérer et moins producteur de mucus.
Lait de brebis
Le lait de brebis est décrit comme très nourrissant et dense, avec une qualité plus chaude et plus lourde. Il peut être utile pour certaines personnes marqués par la sécheresse ou l’épuisement (Vata), mais peut être plus difficile à digérer si Agni est faible ou si Kapha est déjà élevé.
Ce que dit la science
Composition nutritionnelle
Les trois laits contiennent :
des protéines complètes,
du calcium,
des vitamines liposolubles (A, D),
et du lactose, en quantités proches.
Contrairement à une idée répandue, le lait de chèvre et le lait de brebis ne sont pas pauvres en lactose. Ils ne conviennent donc pas aux personnes ayant une intolérance avérée au lactose.
Le lait de brebis est toutefois plus riche en protéines, matières grasses et calcium que les laits de vache et de chèvre, ce qui le rend plus dense sur le plan nutritionnel… mais aussi potentiellement plus lourd à digérer.
Digestibilité
Des études montrent que :
les globules gras du lait de chèvre sont en moyenne plus petits que ceux du lait de vache,
il contient davantage d’acides gras à chaîne moyenne,
il forme des caillots gastriques plus souples.
Cela pourrait expliquer pourquoi certaines personnes le tolèrent mieux sur le plan digestif.
Le lait de vache, quant à lui, contient davantage d’αs1-caséine, une fraction de la caséine parfois impliquée dans les troubles digestifs ou inflammatoires chez les personnes sensibles.
Caséine A1 et A2La principale différence entre les laits animaux ne concerne pas seulement le lactose, mais aussi le type de β-caséine qu’ils contiennent. Certaines races de vaches produisent du lait contenant de la β-caséine A1, tandis que d’autres produisent majoritairement de la β-caséine A2. Lors de la digestion, la β-caséine A1 peut libérer un peptide (BCM-7) qui est parfois associé, chez certaines personnes sensibles, à des inconforts digestifs ou inflammatoires.
Les laits naturellement riches en β-caséine A2, comme ceux de chèvre, de brebis et de certaines races de vaches, sont mieux tolérés sur le plan digestif.
Les textes ayurvédiques classiques décrivent le lait de vache tel qu’il existait sur le sous-continent indien ancien, c’est-à-dire un lait naturellement riche en β-caséine A2. Les vaches traditionnelles indiennes (Bos indicus : Gir, Sahiwal, Red Sindhi, Tharparkar, etc.) produisent exclusivement ou quasi exclusivement du lait A2.
Importance de la préparation du lait (point central en Ayurvéda)
En Ayurvéda, le lait ne doit jamais être consommé froid.
Pris directement du réfrigérateur ou sans préparation, il est considéré comme : difficile à digérer, favorisant les toxines, obstruant les canaux (Srotas).
La tradition recommande de faire chauffer ou mijoter le lait et de l’associer à des épices digestives comme la cardamome, la cannelle ou le curcuma.
Ces épices sont traditionnellement utilisées pour soutenir le feu digestif, à noter qu'elles possèdent des effets digestifs, carminatifs et anti-inflammatoires.
Pour finir
En Ayurvéda, le lait animal bien toléré, bien préparé et consommé au bon moment est décrit comme unique dans sa capacité à nourrir profondément les tissus et à soutenir Ojas.
Il est essentiel de préciser que l’Ayurvéda ne recommande jamais de consommer du lait sans discernement.


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