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LE GARAM MASALA


Aujourd’hui, parlons d’un mélange que tout le monde utilise… mais que peu connaissent vraiment : LE GARAM MASALA

Tu l’as sûrement déjà senti, goûté, saupoudré ici et là dans tes currys, dals ou légumes… mais sais-tu vraiment d’où il vient ? Ce qu’il contient ? Et surtout, ce qu’en dit l’Ayurvéda ?

Installe-toi, je t’emmène dans son histoire.


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D’abord, son nom et ses origines

Le mot vient de garam masālā (hindi / ourdou) :

garam = “chaud”

masala = “mélange d’épices”

“Chaud”, ici, ne veut pas dire “pimenté”, mais chauffant pour le corps, dans le sens énergétique, exactement comme on l’entend en Ayurvéda.


Le garam masala est né sur le sous-continent indien, surtout dans le Nord. On le retrouve ensuite dans toute l’Inde, au Pakistan, au Népal, au Bangladesh…

Historiquement, les grands mélanges d’épices parfumés ont été raffinés à l’époque moghole (XVIᵉ-XVIIᵉ siècle), lorsque la cuisine indienne s’est imprégnée d’influences persanes et d’Asie centrale, cuisines riches en épices aromatiques et en parfums complexes.

On n’a pas de date précise ni de “première recette officielle”.


Et il faut le savoir : il n’existe PAS une recette unique. Chaque ville, chaque région, chaque famille a son propre garam masala. C’est un héritage vivant.

Mais alors, que met-on dedans ?


Tu retrouveras presque toujours :

cardamome verte

cannelle

cumin

coriandre

clous de girofle

poivre noir


Et souvent, selon les régions :

cardamome noire

laurier

noix de muscade

macis

fenouil

anis étoilé


Traditionnellement, on torréfie les épices entières avant de les moudre : c’est ce qui donne cette profondeur, cette chaleur, cette complexité incroyable.

Beaucoup de familles en préparent en petites quantités, car les épices moulues perdent vite leur parfum.


En cuisine, concrètement

On l’utilise :

au début, dans le ghee, pour réveiller son parfum

OU

à la fin, juste avant de servir, pour garder les arômes volatils intacts

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LE GARAM MASALA ET L'AYURVEDA

Ayurvédiquement, le garam masala est un mélange d’épices aux profils différents, pas un bloc monolithique “100 % chauffant”. On y trouve des épices clairement ushna (chauffantes) comme le poivre noir, le gingembre sec, la cannelle, les clous de girofle, la muscade, parfois le piment, qui stimulent fortement agni, assèchent l’humidité, allègent Kapha et peuvent vite monter la chaleur de Pitta si on en abuse.


À côté de ça, tu as des épices plus équilibrantes et modulantes comme la coriandre et la cardamome :

La coriandre est utilisée cliniquement pour calmer les brûlures, apaiser Pitta, rafraîchir et soutenir la digestion en douceur, notamment dans les troubles de chaleur et de soif excessive.


La cardamome, quant à elle, est vue comme une épice tridoshique : digestive, carminative, utilisée pour les brûlures gastriques, la gastrite, les troubles respiratoires et pour apaiser Pitta tout en allégeant Kapha.


Résultat : le profil global du garam masala reste réchauffant et stimulant, mais ce réchauffement est en partie adouci et rendu plus digeste par ces épices “tampons” qui calment Pitta et rendent le mélange plus supportable pour la plupart des constitutions quand il est bien dosé. C’est ce que reflètent aussi les sources modernes ayurvédiques : beaucoup présentent le garam masala comme un mélange digestif, stimulant, utile surtout pour Kapha et, dans une certaine mesure, pour Vata (s’il est associé à du ghee, des préparations onctueuses, etc.), mais à utiliser avec prudence chez Pitta ou en cas de gastrite, brûlures, hyperacidité


En clair : le garam masala, c’est un “feu intelligent” – un équilibre de chauffant et d’apaisant. Bien choisi et bien dosé, il soutient agni et allège Kapha ; mal utilisé ou sur un terrain déjà enflammé, il peut très vite devenir problématique.

Comment je le vois dans une assiette “ayurvédique”

Pour Vata

À petite dose : parfait pour réchauffer, dynamiser, soutenir la digestion.

On l’associe à du ghee, des plats onctueux, chauds, nourrissants.

Pour Kapha

Là, c’est l’ami idéal.

Il mobilise la stagnation, sèche le mucus, réchauffe, stimule.

Top en hiver, dans les dals, soupes, légumes.

Pour Pitta

Avec modération !

On l’évite quand :

il fait très chaud,

il y a inflammation, gastrite, brûlures d’estomac, reflux.

Il vaut mieux le doser comme un accent, pas comme une base.

“Épices ayurvédiques” ne veut pas dire “automatiquement bon pour tout le monde”



 
 
 

Commentaires


L'OMS reconnaît l'ayurvéda comme étant un système complet de médecine traditionnelle.

"La médecine-ayurvédique de l'Inde" ne s'apparente en aucun cas au système médical français.

Elle ne peut donc en aucun cas remplacer l'avis d'un médecin ou d'un praticien de santé dûment qualifié

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